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Le Top 5 du Rap Game tchadien en 2018

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Dans le mouvement culturel urbain made in 235, il existe bien un rap game. Même s’il n’est pas aussi « animé » que celui des autres pays, il est quand même là. Dans ce rap game, il y’a avant tout des rappeurs engagés et des rappeurs aux textes engagés. Il y’a une nuance à faire entre ceux qui sont engagés simplement dans leurs textes et ceux qui sont engagés autant dans les textes que sur le terrain.

Dans ce rap game, l’engagement tient une place prépondérante le RAP; le rap contre le système est prédominant sur le sale. Le sale est la forme la plus provocatrice et choquante du Rap Game avec une apologie de la « vulgarité » dans le propos. Ce rap là ne se fait pas vraiment entendre au Tchad.

Dans ce rap game, les clashs et les batailles de clans ou plus actuel de label sont quasi absents. Il faut dire ceux qui se réclament du rap game à l’image des autres artistes des autres disciplines se respectent tellement entre eux qu’ils arrivent même à s’échanger des politesses. Lorsqu’on constate ce manque de « rivalité artistique » entre rappeurs, l’on se demande bien comment dans un tel environnement peut-on s’auto-motiver à exceller?

Maintenant que les bases de notre approche sont posées, disons que nous avons pris en compte tous ces facteurs cités plus haut pour essayer de dégager un Top 5 de ce rap game.

5. Waïti: Le chic & glamour du rap game
Waïti ©Saomagazine

le Président de Death Crew arrive en 5ème position de notre classement. Entre 2017 lorsque sortait son énième featuring avec Lincy « Habi », qui marquait aussi son retour au pays. Dans la suite de ce single, un autre intitulé 2nde chance a suivi où il est seul (pour une fois). Sa toute dernière collaboration  » One Day » avec la pépite Obie-G est venu consolider l’idée selon laquelle Waïti est plus fort en featuring. Un texte très engagé sur un beat percutant qui rompt un peu avec le rap love auquel il commençait à nous habituer.

4. N2A Teguil: Le gilet Jaune tchadien
N2A Teguil ©Saomagazine

N2A Teguil l’homme en jaune, rebaptisé le gilet jaune par rapport à l’actualité internationale n’a pas produit de sons en 2018. Il a cependant bénéficié d’un coup de pouce pub par son arrestation sous le motif du titre phare et nom de son album « Populasson Gay Korr » (le peuple pleure ndlr) sorti un an plus tôt. Un album très engagé avec des messages critique sans équivoque. Dès son arrestation en octobre 2018, les acteurs culturels se sont mobilisés pour sa libération, dès sa libération, il a enchaîné avec une série de concerts et showcases dans la ville de N’Djaména. Des spectacles qui sont entrain de s’étendre dans d’autres villes du pays de Toumaï. Dans la foulée, il est fait ambassadeur de l’Ordre National des Pharmaciens du Tchad.

3. Ray’s Kim EDM: Bunda un jour, bunda pour toujours

Ray’s Kim ©Saomagazine

Le Bunda Boss Ray’s Kim n’a pas chômé en 2018; on se demandait bien comment il allait se comporter avec avoir connu des bas en 2017. Après un temps de récul, le Bunda Boss est revenu en enchaînant les singles: d’abord le plus explicitement engagé « Au nom du respect » sorti fraîchement en février 2018. Single qui sort après mille et une histoires sur des possibilités de menaces sur sa vie. Bref, en octobre 2018, le single « Bunda Boss » annonçant le prochain album de Ray’s Kim sort sur la toile. On retrouve le Ray’s Kim dans l’égotripe et toujours dans les dénonciations. Sur les scènes, une apparition nostalgique lors du concert de Daïsson pour le titre « Le bilan » et ensuite une performance XXL au dernier festival N’Djam Vi relocalisé. Il est aussi fait ambassadeur au même titre que N2A Teguil en 2018.

2- Obie G: l’Afro trap Game

Obie G ©Saomagazine

Comment joindre l’utile, l’agréable et l’actuel? C’est une chose qu’a réussi le jeune Obie-G. 2018 a été l’année de la confirmation pour ce jeune rappeur dont le vent qui a tout raflé sur le passage en 2017 ( Lauréat N’Djam vi et N’Djam hip hop) annonçait simplement le Tsunami de 2018. Obie-G était sollicité sur toutes les scènes avec surtout 3 titres très percutants, réunissant, l’engagement, la fête et l’appel à danser: « PDM » (Problème de mentalité), « Yaadjama » et « zxqz » (nous s’excuser). Sa signature chez KKJ Entertainment permettra ainsi la sortie de son album et l’organisation d’une séries de showcases principalement à N’Djaména & Moundou.

1- Général Massood: Le bad boy provocateur et productif

Massood Dgam ©Saomagazine

Pourquoi Massood arrive en tête de notre top? Parce qu’à lui seul il est représente toute la mosaïque du Rap Game. Massood Dgam c’est avant tout des sorties tonitruantes de provocation sur les réseaux sociaux avec des expressions biens « sales ». Une attitude qui lui vaut souvent des remontrances du milieu culturel. Massood c’est aussi des rixes musclés de temps en temps avec ces collègues artistes. Des clashs, des prises de becs qui naissent aussi vite qu’ils disparaissent. Il n’a pas sa langue dans la bouche concernant ses confrères.

Une attitude qui n’éloigne pas pour autant Massood du micro; En 2018, Massood c’est les « Taroum », « Kalamak », une Mixtape « fadale », une collaboration originale avec un artiste d’un autre registre en la personne de Bâton Magic , une collaboration avec un frère d’arme Waïti de la Death Crew sur le titre « Melissa » , une Mixtape « fadale » en préparation et dont le clip du titre « Kélou » est en tournage. Agenda très chargé et varié pour un bad boy qui reste aussi très actif sur les réseaux sociaux (Instagram, Twitter) autre que Facebook. A cela il faut ajouter les séries de spectacles!

Notre classement est fait, nous attendons vos remarques et bien-sûr vos classements à vous dans les commentaires.

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