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Obie G, N2A Teguil et Ray’s Kim : Game of trônes sur la scène de la 12ème édition de N’Djam Vi

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Le plus vieux des festivals du Tchad a ouvert sa 12ème édition hier au stade du 10 octobre au quartier Habena de la ville de N’Djaména. Pour le concert d’ouverture, une vingtaine d’artistes programmés pour un spectacle qui annonçait les couleurs. Le village artistique qui retrouvait le stade du 10 octobre après avoir longtemps occupé l’espace Fest’Africa et l’espace culturel Talino Manu. Au regard de l’affluence, c’était un pari déjà réussi car N’Djam Vi retrouvait son public.

Comme à l’accoutumée, c’est Marius Version Fils de l’Homme qui tenait les rênes de la présentation et comme cela tend à devenir une habitude, il était accompagné de plusieurs présentateurs et présentatrices déjà connu du grand public et bien sûr aussi quelques de la nouvelle génération. Une seule grosse absence remarquée celle de Ricardo Labé occupé à d’autres activités pour ce jour.

La scène s’est ouverte sur un brin d’humour suivi par la prestation des lauréats de l’édition 2017 du festival en l’occurrence Obie G lauréat catégorie Hip Hop, Déborah lauréate de la catégorie World music et Ousman Mayonnaise lauréat music arabophone. A l’arrivée, trois artistes se sont placés un cran au-dessus pour ce concert : Obie G, N2A Teguil et Ray’s Kim EDM. Qu’est ce qui fait le succès de ces trois artistes sur la scène de N’Djam Vi ? c’est de ça que nous parlerons ici.

Public N’djam vi ©Saomagazine

Tout d’abord, il faut comprendre le contexte et l’environnement : Ndjam Vi est le festival le plus populeux du Tchad. C’est celui qui rassemble le plus de monde possible et dans ce public qu’il rassemble, il y’a les habitués qui se retrouvent toujours à tous les villages artistiques quel que soit la manifestation culturelle assis derrière une bouteille de bière et de jus. Ensuite il y’a ces jeunes des quartiers défavorisés qui n’ont pas déjà de quoi se payer une bière ou un jus mais qui viennent profiter à fond de ces rares moments de divertissement « gratuits » qui leur aient accessibles. C’est ce public là que l’on retrouve debout autour de la scène, et c’est auprès de ce public que Obie G, N2A et Ray’s Kim marquent des points.

Obie G la voix de la musique urbaine qui dénonce

Obie G la scène ©Saomagazine

Depuis 2017, Obie G est la jeune dynamite qui a tout raflé sur son passage en matière de compétition : lauréat de Ndjam Hip Hop 2017 et lauréat de la 11ème édition de N’Djam Vi catégorie Hip Hop, il se situe à l’opposé de ces autres semblables de la scène urbaine par la qualité surtout de ces textes. Ces textes sont très engagés. Il a sorti son 1er album il y’a quelques semaines sous le label KKJ Entertainment mais bien avant cela, il surfe sur le succès de quelques de ses singles déjà très connus : « ZXQZ » (nous excusez), « Yadjama », « Well Well », et l’incontournable « PDM » (problème de mentalité). Obie G réussit ainsi à mélanger des textes engagés dans un argot digeste à de l’afro trap, très à la mode chez les adolescents.

N2A Teguil, le gilet jaune du Tchad

N2A Teguil ©Saomagazine

Depuis l’histoire de l’arrestation et l’emprisonnement de l’artiste N2A Teguil, l’auteur de « Populasson Gay Korr » est passé à un autre niveau de célébrité. Une forte mobilisation des artistes et des acteurs de milieu culturel tchadien lors de cet épisode a placé l’homme en jaune sous les feux des projecteurs et il en profite bien. Sur la scène de Ndjam Vi on n’a eu la juste mesure de sa popularité de N2A qui a mis la foule en pagaille comme un seul savait le faire jusqu’ici ! il s’est même offert un bain de foule. Ces textes aussi ne laissent aucun sous-entendu. A chacune de ses phrases, la foule partait en délire, une foule qui a presque oublié qu’il y’a encore quelques minutes c’est une autre personne qu’elle réclamait sur la scène. La personne attendue cependant n’a pas tardée à monter sur la scène.

Ray’s Kim le Bunda boss, retour sur le trône

Ray’s Kim sur la scène ©Saomagazine

Ça faisait un moment qu’on n’avait plus revu le bunda boss Ray’s Kim sur une scène grand public et quelle scène mieux que celle de N’Djam Vi pour retrouver le boss ?  Après le bordel qu’a mis N2A Teguil, l’on était loin d’imaginer que le public avait encore de l’énergie en réserve pour le Bunda Boss et cette fois, la sécurité qui avait déjà toutes les difficultés à maintenir la foule en ordre avec le passage de l’ouragan N2A n’a pas pu maitriser le tsunami provoqué par Ray’s Kim. Une fois de plus, le Bunda Boss a montré qu’il est le boss et il a comme Obie G et N2A avant lui payé le prix de sa popularité à la descente de la scène. La sécurité improvisée autour de lui n’a pu rien faire face à cette foule qui avait décidé de toucher pour une fois à leur « seigneur ».

Obie G, N2A et Ray’s Kim ont tous en commun l’engagement dans leurs textes, ils ont en commun de rapper en argot, ils ont en commun de savoir jouer avec le public. Ils sont tous les trois au sommet du game tchadien actuellement car ils parlent aux tchadiens de leurs maux avec leurs mots. Ils ont mis le feu sur la scène au point de faire oublier le froid qui régnait.

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